Follow us on...
Partage
Vous êtes ici
>
Actualities

ACTUALITIES

« Sortir du Top 10 des artistes les plus programmés en festivals » (S. Chevrier, Check In Party)

Article publié par News tank Culture le lundi 24 octobre 2018.

Reproduit avec l’aimable autorisation de News Tank Culture.

 

« Lancer un festival est toujours un pari. Mais partant de l’inventaire que nous avons pu établir, nous considérons qu’il y a encore une petite place pour d’autres initiatives, et notamment la nôtre. La Creuse est une jolie terre d’accueil, de par son histoire et sa géographie, car nous sommes à la fois au milieu de nulle part et au centre de tout. Les publics peuvent venir d’un peu partout en France. Et c’est notre ambition : attirer un public avant tout extra-local, qui viendrait découvrir la Creuse en même temps qu’il assisterait au festival. Par ailleurs, nous revendiquons un positionnement artistique clair, fort et racé, qui offrira une alternative aux manifestations existantes. On sent, de la part du public, des attentes qui ne sont pas encore comblées. On sent la possibilité de proposer une affiche qui ferait la part belle aux musiques indépendantes », déclare Sébastien Chevrier, codirecteur et directeur artistique du festival Check In Party, dont la première édition se déroulera sur l’aérodrome de Guéret-Saint-Laurent (Creuse) les 26 et 27/07/2019. Une soirée de lancement, réunissant notamment Jeanne Added, Miossec, Malik Djoudi et Arnaud Rebotini, a eu lieu à Guéret le 20/10/2018.

Sébastien Chevrier, qui revient sur la création de cette nouvelle manifestation et sur sa ligne artistique, répond aux questions de News Tank.

 

Comment est né Check In Party, festival dont la première édition se déroulera sur l’aérodrome de Guéret-Saint-Laurent (Creuse) les 26 et 27/07/2019 ?

En 2017 a eu lieu un festival, El Clandestino, sur le même site que celui que nous occuperons l’année prochaine. Cette manifestation a connu un succès populaire, puisqu’elle a accueilli 20 000 personnes sur deux jours. Mais c’était un festival qui a montré de grosses lacunes sur l’aspect logistique et organisationnel. L’aventure s’est conclue par un déficit important pour l’association qui portait le projet, et la manifestation s’est arrêtée. Néanmoins, cette édition 2017 a donné des envies aux élus locaux : ce festival a montré la capacité, pour la Creuse, à accueillir un festival d’ampleur et proposer une alternative à ce qui pouvait se faire par ailleurs.

Fin 2017, nous avons donc été sollicités par le président de la Communauté d’agglomération du Grand Guéret, Éric Correia, pour réfléchir à ses côtés à la suite d’El Clandestino. Nous avons réfléchi au sein de l’association Shut Up & Dig !, qui réunit des professionnels de musiques actuelles de la région Nouvelle-Aquitaine. Nous avons établi un état des lieux de l’offre existant à l’échelle de la Creuse, mais aussi de la Nouvelle-Aquitaine, une région très bien dotée en termes de manifestations estivales.

Nous avons imaginé une alternative en termes de proposition artistique et de structuration de l’événement. À ce titre, Check In Party est porté par une association locale, Terre du Milieu, dans laquelle sont représentées des personnes de la société civile. Et le festival est orchestré, dans le cadre d’une production déléguée, par l’association Shut Up & Dig !. Cela permet d’avoir un projet revendiqué et défendu localement par un acteur, et de pouvoir bénéficier, dans le montage et la réalisation de l'événement, de compétences de professionnels du secteur. Ce festival va forcément créer des richesses, culturelles mais aussi en matière d’emploi.

 

Comment faire pour se démarquer, face à la saturation de l’offre festivalière en été ?

Lancer un festival est toujours un pari. Mais partant de l’inventaire que nous avons pu établir, nous considérons qu’il y a encore une petite place pour d’autres initiatives, et notamment la nôtre. La Creuse est une jolie terre d’accueil, de par son histoire et sa géographie, car nous sommes à la fois au milieu de nulle part et au centre de tout. Les publics peuvent venir d’un peu partout en France. Et c’est notre ambition : attirer un public avant tout extra-local, qui viendrait découvrir la Creuse en même temps qu’il assisterait au festival. Par ailleurs, nous revendiquons un positionnement artistique clair, fort et racé, qui offrira une alternative aux manifestations existantes. On sent, de la part du public, des attentes qui ne sont pas encore comblées. On sent la possibilité de proposer une affiche qui ferait la part belle aux musiques indépendantes, aux groupes à guitares, aux musiques électroniques, aux artistes de hip hop engagés… Vraiment, notre idée est de sortir du Top 10 des artistes les plus programmés en festivals.

 

Le festival a été impulsé au départ par la volonté d’une collectivité. À quelle hauteur soutiendra-t-elle l’événement à son démarrage ?

Toutes les aventures culturelles sont favorisées au départ par les pouvoirs publics, voire émanent d’une volonté politique. Nous ne faisons pas exception à la règle. Dans notre modèle économique, l’effort demandé aux pouvoirs publics sera néanmoins raisonné, puisque nous serons à environ 85 % de recettes propres générées par la billetterie, les bars et le mécénat. Les 15 % restants viendront des pouvoirs publics. Sachant que, côté dépenses, le budget de l’édition 2019, d’environ un million d’euros, sera à 50 % affecté à l’artistique.

 

Quelles sont les attentes en termes de fréquentation ? 

Nous allons doser nos ambitions en fonction de notre capacité de programmation. Et notre site a plusieurs avantages. C’est un aérodrome avec une bande d’asphalte de 800 m² entourée d’herbe et de prairies. Nous pouvons donc configurer le site comme nous l’entendons, et adapter la jauge à l’affiche que nous proposerons. L’autre avantage, c’est que ce site nous permet d’imaginer et de déployer une scénographie intéressante. Car au-delà de la musique, nous voulons raconter une histoire et emmener les spectateurs dans un voyage. C’est une expérience globale que nous voulons proposer, car c’est aussi grâce à cela que l’on réussit un festival aujourd’hui.

 

Photo : © D.R.